Jacques Derrida

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Ein letzter Gruß
Derridas klärende Wirkung

JÜRGEN HABERMAS

Frankfurter Rundschau online
, 11.10.2004.

Jacques Derrida hat, wie nur noch Michel Foucault, den Geist einer ganzen Generation in Bewegung gesetzt. Er hält diese Generation bis heute in Atem. Aber anders als Foucault, obwohl ein politischer Denker wie dieser, hat Derrida die Impulse seiner Schüler in die Bahnen eines Exerzitiums gelenkt. Primär geht es ihm nicht um den Inhalt einer Lehre, nicht einmal um die Einübung in ein Vokabular, das einen neuen Blick auf die Welt erschließt. Darum geht es auch. Aber die Einübung in das mikrologische Lesen und das Auffinden von Spuren in Texten, die der Zeit stand gehalten haben, ist Selbstzweck. Wie Adornos Negative Dialektik, so ist auch Derridas Dekonstruktion wesentlich eine Praxis.

Viele wussten von der schweren Krankheit, mit der Derrida souverän umging. Der Tod kam nicht unerwartet. Aber nun trifft er uns doch als ein plötzliches, ein voreiliges Ereignis - es reißt uns aus der Gewohnheit und dem Gleichmut des Alltags heraus. Gewiss wird der Denker, der seine ganze intellektuelle Energie an die inständige Lektüre großer Texte verausgabt und der den Vorrang der überlieferungsfähigen Schrift vor der Präsenz des gesprochenen Wortes gefeiert hat, in seinen eigenen Texten weiterleben. Aber jetzt wissen wir, dass uns Derridas Stimme und Derridas Gegenwart fehlen werden.

Seinen Lesern begegnet Derrida als ein Autor, der jeden Text solange gegen den Strich liest, bis er einen subversiven Sinn preisgibt. Unter seinem unnachgiebigem Blick zerfällt jeder Zusammenhang in Fragmente. Jeder vermeintlich feste Boden gerät ins Schwanken, verrät einen doppelten Boden. Die gewohnten Hierarchien, Ordnungen und Oppositionen eröffnen uns einen gegenläufigen Sinn. Die Welt, in der wir zuhause zu sein scheinen, ist unbewohnbar. Nicht von dieser Welt, bleiben wir Fremde unter Fremden. Zuletzt war die religiöse Botschaft kaum noch chiffriert.

Selten gibt es Texte, die den anonymen Lesern auch das Gesicht ihres Autors so deutlich zu enthüllen scheinen. Tatsächlich gehört Derrida aber zu den Autoren, die ihre Leser bei der ersten persönlichen Begegnung überraschen. Er war anders, als man erwartete - eine ungemein liebenswürdige, fast elegante, gewiss verletzbare und sensible, aber gewandte und, sobald er Vertrauen gefasst hatte, sympathisch offene, eine freundliche und zur Freundschaft bereite Person. Ich bin froh, dass Derrida wieder Vertrauen gefasst hat, als wir uns hier in der Nähe Chicagos, in Evanston, von wo aus ich ihm diesen letzten Gruß zuschicke, vor sechs Jahren wiedersahen.

Derrida ist Adorno nie begegnet. Aber bei der Verleihung des Adorno-Preises hat er in der Paulskirche eine Rede gehalten, die im Gestus des Denkens, bis in die geheimen Falten der romantischen Traummotive, Adornos eigenem Geist nicht hätte verwandter sein können. Die jüdischen Wurzeln sind das verbindende Element ihres Denkens. Gershom Scholem blieb für Adorno eine Herausforderung, Emmanuel Levinas ist für Derrida zu einem Lehrer geworden. Derridas Werk kann in Deutschland auch deshalb eine klärende Wirkung entfalten, weil es sich den späten Heidegger aneignet, ohne an den mosaischen Anfängen neuheidnisch Verrat zu üben. 

Jürgen Habermas ist em. Professor für Philosophie an der Universität Frankfurt/M. und lehrt Philosophie an der Northwestern University in Evanston bei Chicago.

Présence de Derrida
JÜRGEN HABERMAS
Libération
- 13.10.2004.

 

Derrida n’aura guère eu d’égal que Foucault pour forger l’esprit de toute une génération, et cette génération il l’aura tenue en haleine jusqu’à aujourd’hui. Mais à la différence de Foucault, et bien qu’il ait été également un penseur politique, l’apport de Derrida à ceux qui l’ont suivi aura été de les aider à canaliser leurs impulsions dans les rails d’un exercice, qui n’implique pas d’abord un contenu doctrinal, ni même la création d’un vocabulaire producteur d’un nouveau regard sur le monde. Certes, il y a tout cela aussi, mais l’exercice proposé par Derrida est d’abord une fin pour lui-même : s’immerger dans la lecture micrologique des textes et y mettre à jour les traces qui ont résisté au temps. Comme la dialectique négative d’Adorno, la déconstruction de Derrida est aussi et avant tout une pratique.

Nombreux étaient ceux qui avaient connaissance de cette maladie contre laquelle Jacques Derrida mena un combat souverain. La mort n’est donc pas venue tout à fait par surprise. Elle nous touche cependant comme un événement soudain, précipité, qui nous tire brutalement de ce que la banalité usuelle du quotidien a de rassurant. Certes, le penseur survivra dans ses textes, lui qui a dépensé toute son énergie intellectuelle dans la lecture incessante des grands textes et qui a célébré le primat de l’écrit transmissible sur la présence de la parole. Mais nous savons désormais que ce qui nous manquera, c’est la voix de Derrida, la présence de Derrida.

Le lecteur de Jacques Derrida rencontre un auteur lisant les textes à contre-fil jusqu’à ce qu’ils livrent un sens subversif. Sous son regard inflexible, tout contexte se délite en fragments ; le sol que l’on supposait stable devient mouvant, celui que l’on supposait plein dévoile son double fond. Les hiérarchies, les agencements et les oppositions habituels nous livrent un sens à rebours de celui qui nous est familier. Le monde dans lequel nous croyions être chez nous devient inhabitable. Nous ne sommes pas de ce monde : nous y sommes des étrangers parmi les étrangers. Et, finalement, un message religieux qui n’est plus guère chiffré.

Il est rare que des textes paraissent dévoiler aux lecteurs anonymes le visage de leurs auteurs d’une manière aussi nette. Pourtant, Derrida appartenait en réalité aux auteurs qui prennent au dépourvu leurs lecteurs lorsqu’ils les rencontrent personnellement. Il n’était pas celui que l’on attendait. C’était une personne d’une amabilité peu commune, élégante, certainement vulnérable et sensible, mais sachant être à l’aise et qui, lorsqu’il accordait sa confiance, s’ouvrait avec sympathie ; c’était une personne amicale, disposée à l’amitié. J’ai précisément eu cette joie, lorsque nous nous sommes revus il y a six ans, ici, dans les environs de Chicago, à Evanston d’où je lui envoie cet ultime hommage, qu’il m’accorde sa confiance.

Derrida n’a jamais rencontré Adorno. Mais lorsqu’il reçut le prix Adorno de la ville de Francfort, il prononça à la Paulskirche un discours de réception qui, du geste de la pensée jusque dans les replis secrets des thèmes oniriques propres au romantisme, ne pouvait pas avoir plus d’affinités avec l’esprit même d’Adorno. Les racines juives sont sans doute l’élément par lequel leurs pensées s’assemblent. Scholem est resté un défi pour Adorno, Lévinas est devenu un maître pour Derrida. L’oeuvre de Derrida peut, à cet égard, avoir en Allemagne également une vertu éclairante ; s’il s’appropria en effet les thèmes du dernier Heidegger, du moins le fit-il sans sombrer dans le néopaganisme et sans trahir les sources mosaïques.

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