Jacques Derrida

Derrida en castellano

Derrida en francés

Nietzsche
Heidegger

Principal

En francés

Textos

Comentarios

Fotos

Cronología

Bibliografía

Links


Le langage
(Le Monde au téléphone)
Jacques Derrida
Paru d’abord dans Le Monde Dimanche (printemps 1982), inaugurant sous le titre Le langage une série de «Leçons...», puis dans Ch. Delacampagne[i] (éd.), Douze leçons de philosophie, Paris, La Découverte/Le Monde 1985.

Jacques Derrida

 

- Allô ?... Pourriez-vous écrire un article sur le langage pour Le Monde Dimanche...

Me demandez-vous si j’en suis capable, chose douteuse, ou si j’accepterais de le faire? Dans ce dernier cas, la question serait une demande ou une invitation. Mon interprétation dépendra de l’intonation, de notre relation aux deux extrémités de la ligne, de mille autres données, bref d’un contexte qui n’est pas immédiatement linguistique. C’est un texte plus large et toujours ouvert qui ne se limite pas à du discours.

Dans la première hypothèse (êtes-vous capable de...?), la question appelle une réponse que certains, depuis Austin, diraient constative. Mon oui signifierait: j’en suis bien capable. Je prétendrais dire ainsi ce qu’il en est, définir, décrire, constater. Mais si la question avait la valeur ou l’effet d’une invitation, mon oui ne constaterait rien, il ferait quelque chose, il m’engagerait. Ma promesse produirait un événement qui n’avait aucune chance d’apparaître, et à vrai dire aucun sens, avant ma réponse. Celle-ci n’a plus de valeur constative, pour l’essentiel, c’est un performatif.

 

Soit. Vous me rappelez Brecht, ses deux opéras pour l’école, Celui qui dit oui et Celui qui dit non... Si j’entre dans votre jeu, vous pouvez encore répondre oui, mais non (oui, j’en suis capable, mais non, je n’accepte pas d’écrire...), oui, oui, ou non, non, ou non mais oui (je n’en suis pas capable, mais j’accepte, tant pis pour Le Monde,). Cette distinction indispensable (constatif-performatif) reste néanmoins sommaire, elle a appelé des raffinements qui n’ont cessé d’en aiguiser la difficulté.

Oui, on a d’abord étudié les performatifs comme des curiosités insolites. On les voit maintenant partout dans ce langage que certains croyaient pourtant destiné à dire ce qui est, ou à communiquer de l’information. L’enjeu, c’est donc l’essence de la langue, l’autorité et les limites du linguistique comme tel, notamment dans la détermination du contexte qui, vous l’avez vu, est décisive. Or il n’y a pas de fermeture assurée pour un contexte, et pas de symétrie entre les deux oui. Le oui constatif est ventriloqué par un oui performatif (j’affirme, je dis que, je crois que, je pense que je suis...). D’ailleurs un oui en lui-même, pas plus qu’un allô, ne constate jamais rien, il répond, engage, appelle. Si j’affirme maintenant, ceci n’est pas une fiction, que j’ai mal compris votre question et que je ne saurais y répondre, à moins que vous n’en disiez davantage...

 

Je m’y apprêtais: Le Monde Dimanche consacre cet été une page par semaine à la philosophie. Initiative courageuse, surtout pendant les vacances. Pour ouvrir cette série, vous parleriez du langage, mieux vaut commencer par là: neuf feuillets de vingt-cinq lignes. Mais vos lecteurs ne sont pas en majorité des philosophes de formation...

Votre mise en garde m’est familière. Avouez qu’elle reste obscure, voire cryptée. Au nom de qui, et de quels lecteurs parlez-vous? Que détenez-vous, quel secret? À qui voulez-vous que je m’adresse? Depuis des siècles, j’attends des arguments chiffrés à ce sujet. Existe-t-il, ce destinataire? Existe-t-il avant une lecture qui peut être aussi active et déterminante (au sens où alors seulement il se déterminerait)? Comment construisez-vous l’image et le programme de ce lecteur, triant ce qu’il peut déchiffrer, recevoir ou rejeter? Puis ces «philosophes de formation», vous leur supposez une langue particulière; or vous souhaitez qu’on «parle philosophie» sans y avoir recours (...).

 

Il faut peut-être accepter cette contradiction. Les enjeux de la philosophie, par exemple le langage, concernent aussi tous ceux que rien n’a préparés à entendre la langue secrète dans laquelle certains philosophes se complaisent.

Mais non, et le drame, c’est qu’il y en a plus d’une, et non pas vraiment des dialectes, plutôt des discours relativement codés ou formalisés (comme tant d’autres) à partir des langues dites naturelles ou du «langage ordinaire», si quelque chose de tel existe. À l’intérieur de la soi-disant communauté philosophique, l’aventure essentielle a toujours été une histoire de déchiffrement, de traduction, de pédagogie interprétative, l’énigme d’une destination. D’autre part, du côté que vous supposez étranger à «la» formation philosophique, il y a mille manières de recevoir un discours d’allure philosophique, et d’y répondre. Les variables sont nouvelles et plus nombreuses que jamais. L’accès aux écrits philosophiques était à peu près réservé, hier, à un milieu étroit. Aujourd’hui, la perméabilité des codes sociolinguistiques s’accroît encore plus vite que la mobilité sociale.

L’école n’en est pas la seule condition, mais on ne peut analyser ces déplacements sans compter avec les dispositifs et les normes du «système éducatif». Dans un pays aussi centralisé, une décision concernant l’orientation dans les sections des lycées, la Terminale, l’inspection générale, le marché de l’édition (scolaire ou non) peut bouleverser en quelques années le paysage des «lecteurs - non – philosophes - curieux - des - articles - de - philosophie - dans Le - Monde - Dimanche». Hors de l’école, interférant avec elle, la techno-économie de l’information (édition, media, informatique, télématique...) change de plus en plus vite la figure de ce prétendu lecteur typique. Et les journalistes ne sont pas dans un observatoire, leurs interventions normatives («performatives») engagent leur appartenance sociale, leur formation, leur histoire et leur désir.

Bref, toute une machinerie de filtres et de types pour la rhétorique des discours, ses effets et ses affects. Énorme autorité aujourd’hui, terrible responsabilité quant à ce qui se passe de philosophie. Dans les cas où une sorte de monopole théâtral, et fatalement commercial, serait assuré pour longtemps à l’inculture ou à la niaiserie, le sinistre pourrait avoir des dimensions nationales (...).

 

À vous entendre, il faudrait recourir au plan Orsec. On ne saurait donc pas dans quelle mesure les media produisent ou reproduisent leur destinataire, ayant toujours besoin pour cela d’en entretenir le simulacre. Mais si on ne peut séparer le langage d’une certaine tekhnê et d’une répétition codée, comment éviter ces risques? C’est pourquoi je vous proposais un article préliminaire sur le langage.

Oui, mais votre décision est philosophique, elle situe déjà le langage. Laissons. En tout cas, si j’écrivais cet article, je soulignerais lourdement les conditions de la chose: pourquoi dans Le Monde à tel moment ? Pourquoi moi ? Par l’intermédiaire de qui, en vue de qui et de quoi? Comment tel cadrage (par exemple 225 lignes) vient-il contraindre chacune de mes phrases en son dedans même?

 

Mais oui, faites-le donc, pourquoi pas? Jusqu’ici, vous m’avez bien parlé de langage, c’est plus clair que ce que vous écrivez d’habitude. Un conseil: dictez vos livres au téléphone. Votre article devrait rester dans ce registre, ne retournez plus dans l’isoloir.

Ai-je été si clair, vous croyez? Pour qui? Ce que je viens d’esquisser resterait peu accessible à une masse de lecteurs. Ils n’en percevraient les enjeux qu’à travers une silhouette de sens. Je pense à certains de ceux qui n’ouvrent jamais Le Monde, et à certains lecteurs de ce journal qui joue un rôle important et singulier dans la formation (prescriptive) d’un public assez cultivé, ouvert à un langage d’allure philosophique (mais point trop spécialisé) et, dans certaines conditions, à un discours sur le discours. Du moins dans le micro-milieu que nous habitons à l’intérieur de la société francophone.

Pour une autre fraction, dont vous vous faites l’ambassadeur en me demandant de viser justement de ce côté-là, ce que je viens de risquer serait sans doute facile, clair, mais n’aurait d’intérêt qu’à la condition d’être déplié de telle ou telle façon, chacun ayant là-dessus son idée et donc son impatience. Mais c’est un côté où l’on trouve déjà irritante cette manière de reculer en décélérant: je devrais avancer, dire les choses au lieu de me demander comment les dire sans les dire, à qui, en vue de quoi, à quelles conditions. C’est déjà trop philosophique, redondant, peu économe, insuffisamment «informatif».

 

Mais si, mais si. Et puis je ne confonds pas ce qui est «performant» (la quantité d’information et de savoir dans un espace donné) et ce qui est «performatif», comme vous disiez.

Enfin, une minorité de lecteurs m’accuseraient de simplifier à l’excès des choses maintenant triviales, telle cette théorie nommée la «pragmatique» des énonciations qui évolue très vite. Je ne pense pas seulement aux philosophes ou aux linguistes, mais à tous ceux qui, persuadés qu’ils feraient meilleur usage de cette tribune, enragent et spéculent. Mais tout cela reste à moduler prudemment. Jamais de tout ou rien, voilà une chose simple qu’il faut dire de l’accès au texte.

Le sens et l’effet ne se produisent ni ne se refusent jamais absolument, ils gardent toujours, à la disposition d’un lecteur potentiel, une réserve qui tient moins à une richesse substantielle qu’à une marge aléatoire dans les trajets, à l’impossibilité de saturer un contexte. Le «même» énoncé (Pourriez-vous écrire... ?) peut renvoyer à une multiplicité d’autres «textes» (phrases, gestes, tons, situations, marques de toute sorte) et à d’autres «autres» en général, il peut s’ouvrir à d’autres effets, branchements, greffes, itérations, citations... Ces possibilités et ces forces différentielles ne sont pas strictement linguistiques, je préfère donc parler de traces ou de texte que de langage, car...

 

Là, vous commenceriez à devenir hermétique; je vous rappellerai...

À l’ordre, dites-le. J’ai entendu le mot d’«isoloir» tout à l’heure: c’est une scène qu’on fait à la philosophie depuis des siècles. Bien sûr, vous disiez parler au nom du supposé lecteur, mais c’est presque toujours, on ne sait pourquoi, la même demande vaguement agressive, la dictée d’un désir menaçant: «Parlez donc comme tout le monde, ce que vous dites nous regarde tous, vous confisquez nos enjeux et nos mises, vous nous possédez et nous dépossédez, vos coups de langue sont des coups de force.» Ces sommations ont un programme, même si on adapte le livret d’arguments à chaque situation, aux nouvelles donnes de la société, de la technique ou de l’école. Le même réquisitoire se déchaîne d’ailleurs entre des philosophes que séparent la langue, le style, la tradition, des contrats implicites.

 

Oui, mais le discours philosophique ne doit-il pas s’en libérer, justement, pour se rendre immédiatement disponible et ouvert à tous?

Aucun texte ne s’ouvre immédiatement à tout le monde. Le tout-le-monde de nos censeurs, c’est un interlocuteur déterminé par son appartenance sociale, souvent minoritaire, par sa formation scolaire, l’état de la culture, des media et de l’édition. L’abus de pouvoir est toujours du côté des censeurs et des «décideurs». Le talent pédagogique ou la bonne volonté n’y suffisent pas, personne ne peut atteindre un public anonyme, fût-ce un seul individu, sans l’école, le livre, la presse, et donc sans les relais d’une politique qui n’est pas seulement gouvernementale. Et surtout sans le travail ou la venue de l’autre.

 

Mais oui, c’est trop évident.

La question doit donc être ailleurs: pourquoi ne pas la poser au généticien ou au linguiste, justement? Pourquoi réserver le soupçon ou la mise en demeure au philosophe? Pourquoi ne pas lui reconnaître ce qu’on reconnaît à tous, et d’abord au journaliste professionnel: le droit et le devoir de surimprimer dans sa phrase la mémoire chiffrée d’un problème, l’allusion formalisée à des systèmes de concepts? Sans cette économie, il devrait redéployer à chaque instant une pédagogie infinie. Impossible et paralysant: combien de lignes lui faudrait-il? Non que l’histoire du langage philosophique soit le progrès d’une capitalisation continue. La pensée doit aussi l’interrompre. Un retour décisif à la méditation du dire qu’on dirait le plus simple («l’être est», «l’être n’est pas»...), de mots apparemment aussi clairs que «mot», «apparence », «clarté», «science», «recherche», «technique», «langage», vient alors déranger ce progressisme en son assurance parfois somnambulique.

 

Oui, mais ce dernier mouvement va peut-être, justement, dans le sens d’une repopularisation de la philosophie.

Oui et non. Le plus simple est parfois le plus difficile. La popularisation ne doit pas renoncer à la rigueur et à l’analyse. Je connais des philosophes «de profession» plus tourmentés que tels donneurs de leçons par ce double impératif: «démocratiser» l’échange sans céder sur l’exigence philosophique, tenir compte de la transformation du champ social, des techniques de transmission et d’archivation, de l’école et de la presse, sans séduction facile et abus démagogique. Quand les normes imposées par les media coûtent trop cher, le retrait silencieux reste parfois la réponse la plus philosophique, la stratégie bien entendue. Mais pour les raisons déjà dites, ce calcul sera toujours aventuré dans la nuit. Telle parole singulière, murmurée comme une confidence, peut encore, incalculablement, des siècles durant... Allô?

 

Je me faisais l’avocat du diable: l’ésotérisme n’est-il pas l’abri rêvé pour une pensée pauvre et commune? On dit aussi: usurpation d’autorité, instrument de terreur, mot de passe pour une secte ou une corporation qui se réserve, avec le pouvoir d’interpréter, celui d’évaluer ou de légitimer, le pouvoir tout court.

Oui, mais cela ne serait pas réservé aux philosophes, et la compétence dans l’usage des signes peut aussi bien servir que déjouer ces mystifications. Ces deux possibilités provoquent à la philosophie depuis toujours. Sans remonter aux sophistes et à Platon, voyez Descartes. Il s’en prenait à la sophistication de ceux qui tombés «sur quelque chose de certain et d’évident», «ne le font jamais paraître qu’enveloppé dans diverses tournures énigmatiques, soit qu’ils redoutent que la simplicité de l’argument ne diminue l’importance de leur trouvaille, soit que par malveillance ils nous refusent la vérité toute franche (nobis invident apertam veritatem)... »

 

Mais vous parlez latin au téléphone, maintenant?

Je milite: étendons l’enseignement philosophique bien avant la Terminale (c’est l’une des réponses à toutes ces questions), mais aussi celui du grec et du latin... Quant aux rapports entre les «tournures» et la «vérité», on peut avoir des réserves sur ce que sous-entend Descartes, auteur lui-même obscur et difficile, rappelons-le. Puis quand il a décidé d’écrire son Discours en français, prétendument pour s’adresser à tous, il le faisait dans une phase socio-politique particulière, à tel moment d’une violente étatisation linguistique. Il ne parlait pas à tout le monde, mais laissons.

Sur la jalousie ou l’envie (invident), il vise juste. La guerre fait rage, pour et par la propriété de la langue, chez les philosophes, entre eux et les autres. Des deux côtés il y a aussi le désir d’innocence. Les uns décrivent les lois de la guerre, d’autres en appellent aux lois et aux règles du jeu. Tels demandent un désarmement général et immédiat; en mesurant les risques, d’autres le souhaitent progressif et contrôlé. Kant, qui parlait de «la proche conclusion d’un traité de paix perpétuelle en philosophie», voulait aussi démocratiser le discours, dénoncer la cryptopolitique et la mystagogie. Nietzsche analyse la politique de la langue philosophique, son rapport à l’Etat, au processus de démocratisation, au pouvoir des prêtres et des interprètes, dans l’enseignement et dans les journaux. Déjà Marx dans l’Idéologie allemande, et plus près de nous, malgré une situation si différente...

 

Oui, mais ce serait trop long. En quelques mots, si vous deviez écrire cet article, sur quoi insisteriez-vous, aujourd’hui même? Si, au lieu de vous téléphoner, je vous tendais un micro: Où vont les recherches sur le langage?

La pensée n’a pas toujours la forme de ce qu’on appelle la «recherche», avec ses institutions et sa productivité programmée. En tout cas, je risquerais cette réponse, en trois mots et six points: à travers les cloisons (langues nationales, institutions, traditions et codes théoriques, philosophie, linguistique, psychanalyse, littérature, technologie de la communication et de la traduction...), la plupart des questions se pressent, me semble-t-il, autour de cette «pragmatique» dont nous parlions à l’instant. Non pas nécessairement sous ce nom et dans les formes bien connues où ces problèmes se sont annoncés chez Austin et ses disciples. Outre ses difficultés internes, signe de richesse, cette première théorisation fut à la fois servie et freinée par les limites de son axiomatique, peu tournée vers l’histoire de ses concepts, à commencer par cette distinction entre performatif et constatif, les oppositions entre production et non-production, la production comme création d’événements et la production comme mise au jour, praxis et theôria, l’acte et la parole, etc.

Bref: 1. penser (dire, écrire) le logos «avant» ces oppositions, «avant» la voix et la signification (phônê, sêmaineîn) — une autre «histoire de la philosophie», lisons Heidegger par exemple; 2. reconnaître que ce qu’on appelle trace, texte ou contexte (et entre autres choses, toutes les conditions dites conventionnelles d’un «performatif») ne se limite pas à du linguistique ou à du phonique, et d’ailleurs ne se limite à rien ; 3. mettre la psychanalyse à l’épreuve de la «pragmatique», mais d’abord soustraire celle-ci à une axiomatique de la conscience intentionnelle et du «moi» présent à luimême; 4. compter avec la technologie dite de l’« information », avant et après notre téléphone ; 5. ne pas confondre le «performatif» — ses fictions et ses simulacres — avec la rentabilité « performante » de la techno-science; 6. ne pas trop fuir les paradoxes de l’altérité, de la trace, de la destination, de la destinerrance ou de la clandestination, de l’écriture et de la signature en somme, j’aurais suggéré tout cela et... Allô ?

 

Allô, je vous entends mal...

... insisté sur ce nom provisoire, la « pragmatique », sur ce qu’elle présuppose du texte en général et qui fut, disons, «dénié». Les effets de cette «dénégation» ont puissamment marqué la philosophie, la philosophie du langage philosophique ou scientifique, les institutions de recherche et d’enseignement qui en dépendent, leur interprétation de l’interprétation, du sens, de la référence, de la vérité. La valeur théorique (constative) du discours fut ainsi ajointée à l’efficience, à la performance technique et productive de la recherche.

Ce que j’appelle imprudemment «dénégation» du «performatif» ne fut pas un jugement, mais un formidable événement - lui-même performatif et normatif. Qu’arriverait-il si à ces normes il arrivait quelque chose? Des bouleversements, je crois, difficiles à calculer, dans lesdites institutions et ailleurs. Et si c’était la chance ou le risque de ce qui arrive, alors que nous en parlons, en ce moment même...

 

Allô ? Finalement, vous pourriez l’écrire, cet article, non?

Je ne crois pas. Neuf feuillets, c’est à peine le temps d’un coup de téléphone à l’étranger, le dimanche. Je n’arriverai pas, écoutez...

 

C’est pratiquement fait, voyez, mais si, mais si...

 


 

[i] Les interventions attribuées à Ch. Delacampagne sont évidemment fictives et, comme certains commentateurs d’alors s’y sont trompés, il vaut mieux préciser ici que J. Derrida en est l’auteur.

Principal

En francés

Textos

Comentarios

Fotos

Cronología

Bibliografía

Links

Sitio creado y actualizado por Horacio Potel